Je resterai sage, promis.

Affiche de "Un prophète"« Film splendide », « Tahar Rahim excellent », « un jeune premier époustouflant », et bla, et bla… et bla. Ça me gave profondément ce genre d’encensements médiatiques, je me demande toujours où est le truc, comme avec les tours de magiciens; me demandant quelle maison de production ou quel groupement politico/médiatique a tout intérêt à nous vanter les mérites d’un tel film. Cynique jusqu’au bout, éternel méfiant, je prends mes distances avec le truc. Je n’aime pas ce qui brille et qui fait du bruit, avec ou sans raisons valables.

Puis viennent alors ces reportages sur les chaînes nationales sur les conditions de détention en France, les tournées chez « les sauvages », les « trublions », à grand renforts d’images fraternelles entre des détenus qui se font allumer leur clope par un maton (ou personnel pénitentiaire), tout pour casser les clichés Prison Break, les images éculées des savonnettes atterrissant entre les pieds de détenus récemment incarcérés. Je ne peux pas non plus faire l’impasse sur la brutale réapparition des publicités crypto-Disneyiques du gouvernement, faisant appel aux jeunes désœuvrés en quêtes de salaires misérables pour aller tenir la racaille aux pieds, que ce soit à la Santé, à Fleury, Bois-d’Arcy ou autres.

Pour avoir eu des connaissances ayant fait de courts et moyens séjours dans ces lieux d’abrutissement, je rigole. Mais soit, le gouvernement a tout intérêt à nous faire les éloges de nos prisons malgré la réalité, bref de la politique institutionnelle. Puis j’ai publié un article sur le sujet, lui-même en relai à celui de Rue89. N’apportant à ces problématiques que quelques fausses solutions avec le désengorgement prévu de cette surpopulation carcérale, puis en mettant à nouveau le débat du bracelet électronique sur le tapis. Aucune réponse concrète sur les suicides, sur l’incarcération de fous (parce que j’en connais un dont une éducatrice a réclamé des mois entiers son suivi psychiatrique), ou ceux qui le deviennent en prison et enfin… la réinsertion, la vaste plaisanterie.

Mais non, aujourd’hui, avec les grands maux on la joue bobologie, on met des chats contre les souris à Fleury, les yoyos se balancent sous les portes et entre les fenêtres, chargés de paix sociale que sont les divers drogues.

Et puis allez à l’épicerie de Fleury faire le plein de victuailles pour le week-end… vous êtes sur de perdre 30% de pouvoir d’achat de l’extérieur vers l’intérieur. Vivent les parloirs pour passer les barres de Mars ?


Enfin je me dis qu’il FAUT que j’aille voir ce film, sauf que j’aiu des attentes beaucoup trop élevées, tellement élevées que je suis déjà presque déçu du film avant de m’asseoir.

159 minutes de folie pure et douce. Pas un film pour pleurer, si ce n’est dedans, désolé de voir où on en arrive. « C’est une fiction » me disent certains, bien sûr banane ! Les situations peuvent sembler invraisemblables par moment, mais qu’importe le présent de chaque situtation, qu’elles soient en deçà de la réalité ou surexposées, la réalité s’insinue peu à peu à travers les barreaux qui nous laissaient à l’extérieur. Niels Arestrup sort de l’écran et nous fait comprendre qu’on respire « à cause de lui ».

Tahar Rahim est bon, ses deux billes noires que sont ses yeux trahissent sa peur et son hyperactivité (défensive) en début de film, on a mal avec lui, arrivé en tôle sans attaches à l’extérieur (ce qui le handicape mais l’aidera). Puis son visage s’apaisit au fur et à mesure des années, devenant froid à mesure que la situation s complique.

C’est bien rythmé, c’est dénonciateur, les clichés ne sont pas perceptibles, la trame scénaristique souffre à deux ou trois moments d’un soupçon de complexité mais on comprend vite. On comprend au delà du film qu’il y a quelque chose qui cloche pour qu’Audiard nous les mette en scène.

Je le conseille vivement (mais pas pour les trop jeunes).

Christophe Hondelatte – « Le rescapé »

C’est dos à la caméra, les mains affairées à épingler fermement sa photo que je me retourne et vous le présente

« Christophe Hondelatte ou… le présentateur à la grippe… A ! » (notez l’effet dramatique des point de suspension)

Christophe Hondelatte a dépassé le stade du théâtral à la Guy Lux, il a – selon moi – inauguré une véritable prouesse, au delà de la figure de style et la rhétorique sous-jacente, de nous présenter une émission sur le registre théâtral. Le théâtre, pour moi, c’est l’abstraction, l’imaginaire. C’est Molière, mais aussi Labiche, Ionesco et bien d’autres auteurx, capables de nous faire voyager. Pour interprêter leurs pièces, il faut un certain talent, un don de soi particulier. Hondelatte l’a, même si c’est un style qu’on peut ne pas aimer, presque kitsch. Sauf qu’il présente des affaires judiciaires, criminelles, bien réelles. Cherchez l’erreur. Et pourtant, il n’y a pas faute de goût.

Je ne sais pas s’il est réellement réalisateur et/ou metteur en scène de son émission, mais l’ambiance, l’univers qu’il a créé est tant emprunt d’une « patte » qui lui est propre à lui et à son équipe que les spectateurs arrivent aujourd’hui à classer ces émissions par « saisons » et par « épisodes », comme pour les séries télévisées. C’est pour moi une reconnaissance sur le contenant. Chaque semaine (lorsque la saison a redémarré), je suis dans les starting-blocks, attendant un nouvel épisode, quel qu’il soit. Alors quand il a touché à Spaggiari, Mesrine, l’affaire Outreau, c’était avec d’autant plus de délectation que je me plongeais dans ces récits, sans pour autant me détacher sur la dure réalité.

Mais comment ne pas rire de ce côté polar d’un Hondelatte au volant d’une berline noire à l’habitacle silencieux, au vrombissement du moteur berçant l’interview feutrée d’un témoin ou d’un procureur assis côté passager ? Comment ne pas être stupéfait face à cette scène de passage à table, que dis-je, passage au zinc; lorsque Christophe Hondelatte questionne ce magistrat, ce cousin-germain ou son fidèle assistant, Dominique Rizet. Dominique Rizet, à la calvitie à géométrie variable (selon les rediffusions ou non des épisodes), qu’on croirait tout juste sorti d’une arrière salle de salle de jeux, sentant encore le cigare et le patchouli, alors même qu’il venait de se faufiler hors de ce lieu de stupre avec les informations toutes fraîches, celles qu’il nous délivre donc, accoudé à ce zinc derrière lequel nous toisent ces alcools au moins tous quinquagénaires. Ça a de la gueule, c’est une affaire d’hommes, d’hommes qui ont assez baroudé pour nous présenter ces affaires sur lesquelles ils ont eu « leur rôle » mais dont ils ne font récit qu’avec un léger rictus ou pis : un air totalement fermé. Ce ne sont pas les victimes qui transigent face à ces attitudes; seul les policiers, les bleus, les poulets « canardés » ou fossoyeurs qui, eux, manifestent le plus de sentiments. Oscillant entre l’étonnement non dissipé et l’incrédulité a postériori.

Hondelatte, pour tout cette mise en scène est imité, caricaturé, parfois agressé, mais que j’imagine dans le fond totalement impassible aux attaques, il manipule avec maestria l’art du théâtral démonstratif, vois « surjoué » car il sait qu’il arrive, par ce déballage de situations-polar, à déclencher un intérêt chez ses fidèles spectateurs.

Je suis fan, je suis GRAND fan, j’adore.

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Ecouter le générique :

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(car je préfère l’ancien générique)

PS : désolé pour l’emprunt de l’image sans autorisation, avec Hadopi tout ça qui est passé aujourd’hui etc… J’ai éclairci aussi un peu, parce qu’il faisait quand même super sombre.

Un petit sport tranquille

Je me dis que la piscine c’est un peu mou, alors je crois que j’ai choisi un sport pour me reprendre en main et me divertir…

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Évidemment, aucun droit à l’erreur n’est possible, avis aux… suicidaires ?