A la place du mort kilométrique

(à la base… mon blog était pas trop politico-médiatique… je m’excuse auprès des personnes déçues par la tournure qu’ont pris mes billets depuis peu)

Il y a, dans le monde journalistique, différentes méthodes pour accrocher un spectateur; des images violentes, avec ou sans discours qui irait de paire. Mais il y en a bien une que j’adore, c’est un terme de psycho-socio qui s’appelle le phénomène de « mort kilométrique ». Un principe assez simple qui fait qu’à l’ouverture de votre journal ou à celui de votre poste de télé, vous vous prendrez en pleine poire un accident, un fait-divers bien souvent, particulièrement difficile à concevoir ou admettre. Sa particuliarité sera de s’être déroulé à proximité de chez vous… qui sait… peut-être en serez-vous la prochaîne victime.

Je m’explique.

Depuis 2 matins on nous rabâche à toutes les sauces (et surtout au lancement du journal tant qu’à faire) l’histoire de cet immonde violeur (et en plus… d’origine uruguayenne) récidiviste qui a éét remis en liberté à cause d’une coquille dans la rédatction de l’ordonnance du juge. Rendez-vous compte, madame, monsieur… jeune fille, cet homme est peut-être au coin de votre rue et pourrait vous sauter dessus demain ?

A grands renforts de témoignages horribles (ce que je conçois tout à fait d’ailleurs) des parents des victimes, des avocats, nous devons supporter la douleur accablante de ces pauvres personnes victimes de la vie. « Que va-t-on dire au parent » demande l’avocat des victimes au micro de ma radio, en bon client… je suis gêné sous mon casque en ce Vendredi matin, alors que j’espérais passer un bon week-end. Je ne sais pas quoi lui répondre à cet homme.

C’est un bien triste fait-divers qui ouvre nos journaux, les « 20 minutes » , les « métro » s’empilant sur les Sièges de nos transports en commun, la page parfois ouverte sur cet article du « violeur libre par erreur« . Le marché s’effondre, le second round des émeutes de la faim est bel et bien ancré, les « communautaristes » s’entredéchirent mais il y a cet homme qui peut violer votre femme, vos enfants, vous-même des demains. Il est clair que c’est dans les vieux « Parisien » qu’on fait les meilleurs soupes populaires, tout ceci le confirme.

Alors moi, je joue le censeur masqué, pas diplômé et j’en ai un peu plein le cul en fait car je vois d’ici quelques heures, ou pis quelques jours, avant que Sarkozy, Dati, ou Laporte prenne le dossier en main, le torse bombé et coure après le salopard qui a commis ces crimes; image d’un gouvernement droit dans ses bottes et intègre, pourfendeur d’injustices et qui nous protègera du viol alors que le marché nous aura mis à poil.

Message personnel : quelqu’un aurait pas 3 milliards à avancer à Martin Hirsch ?

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