4 films bien inégaux
Récemment, j’ai vu 4 films. 2 au ciné et 2 à la maison sous mon alèse brodée et parfumée à la lavande. Match nul je dirais.
Je procède par ordre chronologique en vous parlant de Wall-E. Nouvelle perle Pixar (on commence à être habitué). Apparemment tous co-produits désormais par Disney, on peut s’attendre à avoir beaucoup d’eau dans un sujet qui aborderait des les sujets de polémiques contemporaines. En l’occurence c’est bel et bien d’écologie dont il est question, de consommation durable et de respect.
Alors bien entendu, il aura fallu quelques critiques, journalistes, essayistes pour percevoir des nuances politiques extrêmement profondes dans ce film, des aspects freudiens dans le moindre recoin de chaque film d’animation; il ne faut pas non plus exagérer. Ca reste quand même un film accessible, plus orienté pour les mômes que je ne l’aurais d’ailleurs imaginé, mais Wall-E est quand même un héros auquel on s’attache. Un robot doué de sentiments (je vois des collègues crier à l’hérésie) et qui est particulièrement attachant dans toutes ses entreprises.
Je conseille vivement ce film à toute la famille, ça change clairement des morales foireuses de pas mal de Disney que l’on a pu connaître jusqu’à présent, même si bien entendu, le dénominateur commun reste quand même l’amour, la paix et tout ce qui arrache les larmes, mais cette petite note politisée n’est pas pour déplaire.

Le premier jour du reste de ta vie… qu’en dire ? Difficile. Mais je crois qu’avec le recul je vais le malmener de plus en plus ce film. Les actreurs sont pourtant très bons, quasimment sans aucune exception. La musique est bien trouvée, les blagues marrantes… toutes… les rebondissement, heureux ou pas aussi…
Mais ce qui me chagrine, c’est qu’on a l’impression pendant deux heures de regarder une suite de scénètes, parfaitement emboîtées, construisant une « morale générale » au film pas suffisement bien dissimulée (l’importance des rapports familiaux et l’acceptation de l’imperfection de ceux-ci). Des petites séquences en alternance de hauts et de bas, ressemblant presque toutes à des publicités Nescafé… presque trop efficace. Tout le monde pleure dans la salle, car des gens meurent, puis tout le monde pleure, car les gens se marient, puis tout le monde pleure, car les gens naissent, bref… le sol du ciné est jonché de mouchoirs en papier presque. C’est une comédie au final… narrant la vie sur un peu plus d’une génération, d’une famille moyenne++, avec les problèmes de chacun et chacune. C’est beau comme un napperon en dentelle fait par mamie, posé sur le réfrigérateur.
Ahhhh, je le VOULAIS ce Casino Royale, et puis comme en ce moment, y’avait quelques rediffusions des anciens James Bond… ça a provoqué en moi l’étincelle. Je me voyais déjà devant ce film chargé en scènes d’actions improbables, avec des cascades qui le sont tout autant. Avec ce connard en costard qui fout des beignes à je-ne-sais quel terroriste basané et qui a une puce GPS dans le bras et l’hémisphère cérébral droit dans le slip. Bref… j’ai pas été déçu : testostérone, sang, cris, nibards et grosses caisses… waow, j’en suis encore tout chose.
Mais par contre… tout ceci a volé en éclat à plusieurs reprises… le film est tellement rempli de publicités qu’il donne l’impression d’avoir été totalement financé par cette dernière. La ligne de l’indescence est allégrement franchie vis-à-vis des quasi spots de réclames qui font irruption en plein milieu de scènes presque accrocheuses. James Bond appelle le room service et commande sans la moindre gêne (pourtant on lui a dit qu’il y avait les caméras) « un caviar Beluga et un champagne Taittinger ». Pendant tout le film, nous sommes régulièrement nez à nez avec son manifique téléphone Sony-Ericsson dernier cri ou sa Rolex, ainsi que face au revers (logo BIEN visible) avec son ordinateur portable Sony VAIO. Puis le réalisateur fait un plan bien appuyé sur l’avant de la voiture en pleine course, avec au premier plan… le joli logo de sa Ford dernier cri également. Les courses à pieds ne sont pas épargnés et les plans débutent ou se terminent inéxorablement devant des magasins Louis Vuitton, et autres joyeusetés. Il me semble (je vais quêter à la recherche d’une confirmation) que même un millardaire de ce monde, en la personne de (Sir) Richard Branson (boss de Virgin) s’est payé l’apparition dans le film (portiques de sécurité à l’aéroport). Les marques ne sont plus QUE affichées, elles sont citées et même vantées, retirant tout le charme de la chose. Du luxe même… (quand bien même on s’attache à ça) pour laisser court à une vague pub bien ordurières.
Je sais… James Bond a TOUJOURS fait de la pub, mais là , un nouveau cap vient d’être franchi. C’est peut-être ça la nouvelle génération des BOND.
Dans un registre diamétralement opposé, après avoir loué JB-CR, j’ai loué Sicko (enfin c’est la légende qui le dis, car j’ai dépêché Malika pour le faire en fait). Ce dernier M. Moore est équivalent à ses prédécesseurs dont je suis assez fan, à la seule différence que l’on perçoit cette fois la différence de moyens.
Avant tout, car il faut que je montre patte blanche afin de vous faire preuve de ma neutralité quasi irréprochable : je ne suis pas un anti-américain primaire. Je suis anti-américain sur beaucoup de sujets mais j’adore énormément d’autres choses propres à leur culture ou leur mode de vie.
Sicko est une sorte de reportage scénarisé (le style Moore) concernant le régime de protection maladie des étazuniens. Là bas… tout est privé (malgré les tentatives passées) et près d’un américain sur cinq n’est pas assuré. Entre les refus pour diverses maladies, le sur(/sous)poids, les EU ont une protection santé foireuse, ce n’est pas nouveau. Je ne vais pas dérouler la chose longuement, le film le fait assez bien et je vous le conseille vivement.
Je ne me lasse de revoir la tronche de M. Moore qui découvre S.O.S. Médecins (« vous allez chez les gens pour les soigner ??? ») ou qui se rend compte qu’on ne paie pas pour se soigner dans un grand nombre de pays, etc.
Le final est splendide (c’est surtout vis-à-vis de celui-ci que j’évoquais les « moyens » des films de Moore), il pourrait même justifier l’humiliation d’une frange importante d’américains et remettrait en cause beaucoup de leurs précepts. Vous en avez l’eau à la bouche, hein ?
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