Mes yeux sont grands ouverts
Depuis quelques années, depuis « Le cercle – The ring » (à ne pas confondre avec « The ring » ou tous les films cochons que vous vous pouvez connaître en relation avec ça), je m’étais promis juré (bavé) que je n’irais plus jamais voir le moindre film d’épouvante. Il est vrai que dans ma prime adolescence, je me délectais des « Bad taste », d’autres nanards comme le « Blob » et autres films sanguinolants, puis le dégoût fût, je me suis orienté anecdotiquement sur des films plus fouillés dans la terreur et plus économes en hémoglobine (« question de goût » me souffle Dracula dans l’oreille). Mais avec l’âge et l’incontinence, je me vois de moins en moins hermétique de la vessie devant ce type de film. Oui, je suis une lopette qui aime les films prise-de-tête (pour rien bien souvent) mais qui au moins, EUX, le mérite de ne pas faire sursauter. Ainsi j’ai pu découvrir les joies de Bollywood, les Buster Keaton et autres mais je le dis et je le répète, je m’étais promis de ne plus craquer devant le style horreur/épouvante. Et puis étant de nature timide, jamais je ne m’aventurais devant l’étagère « horreur » chez mon loueur de K7/DVD, car… c’était trop près des pornos voyez-vous.
Mais récemment, j’ai eu une bande-annonce magnifique devant moi… celle de Cloverfield. Un de ces films que l’on classe entre « Fantastique » et « Guerre », dans l’armoire « Films de merde », entre un Steven Seagal et un Wesley Snipes. N’empêche que ce côté film amateur, caméra DV à la main (aujourd’hui, elles ne se portent plus à l’épaule, c’est has-been !) et des effets spéciaux magnifiques ont failli me pousser à aller le voir. Il semblerait que j’aie eu un peu tort d’après certains amis, ça se regardait volontiers, sans être la merde de l’année non plus.
Dans la foulée de ce film, j’ai vu la bande annonce de REC. Sur le même principe, à savoir un film totalement filmé à la manière d’un reportage en brut m’a bien attiré, sauf qu’au bout de quelques petites secondes de bande-annonce, j’ai vite fermé les yeux d’effroi pour me lover autour de ma belle. Effrayé par a qualité de l’épouvante. Mais tel un bambin devant l’interdit, je me suis permis quelques téméraires illades vers l’écran sur lequel se déroulait l’action, et par delà la frayeur qui m’habitait, je n’ai pu que m’étourdir devant le réalisme de la chose et la qualité de la chose.
Après m’être vu imposer un « film de filles » récemment (entre « Fantastique » et « Film de merde » chez tous vos loueurs de DVD), j’ai ourdi mon traquenard ce Dimanche matin en imposant ce film à la belle. Quelle fût mon erreur. Ce film est fantastiquement horrible, je n’ai dû subir l’horreur qu’avec délectation. Ce film est tout bonne flippant, pas énormément violent au niveau du carnage humain, mais terriblement remuant. C’est une montagne russe, avec certes quelques clichés cinématographiques (quoique bien rodés je pourrais dire); la peur ne se fait pas à la fin d’une simple baisse de volume sonore alors que les « héros » commencent à se rasséréner, non. La peur est partout autour du spectateur, car le spectateur EST la caméra, il est son micro, la moindre de ses prises. Je n’ai pas pu me lever, j’étais cloué à mon siège, comme si, en me levant quelque chose allait m’arriver, quelque chose de terrible.
Allez voir ce film, mais prévoyez un change propre et un cinéma avec des toilettes propres pour se changer après. Quant à moi, je ne sais pas à quelle heure je vais me coucher ce soir, mais ça ne sera pas pour tout de suite je crois. Je vais aller faire des pompes, vu que la piscine est fermée.
Sinon pour au moins deux lecteurs(/rices) du blog, j’ai unebonne nouvelles, si vous n’en avez déjà pas entendu parler, mais les « Chroniques de San Francisco » ont vu une suite paraître; « Michael Tolliver est vivant« . Voili voilou !
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