Fait divers – 3 morts
L’autre jour, je suis allé voir mon pépé et j’ai, malgré moi, été pris dans un début d’émeutes qui a rapidement tourné au carnage.
C’est en arrivant à la « Cerisaie » (les quartiers sensibles où sont rassemblés nos anciens devant les centres d’entraînement physiques) que j’ai rencontré « pépé » (ou René pour les proches). Un bel ancien, avec un peu de lenteur dans ses mouvements mais de bons restes d’un passé de sportif de haut niveau. En plein échauffement physique (allez savoir), celui-ci nous parle du « malaise des bans d’vieux » comme il se plaît à me narrer, de ses craintes vis-à -vis de la baisse du pouvior d’achat des retraités et tout ce qui va avec. Un malaise qui provoque chez certains des aigreurs d’estomac, des douleurs articulaires et de nombreuses autres pathologies.
« C’est dans ce climat d’angoisse permanente qu’on vit et tu veux qu’on reste là à rien faire ? » m’affirme le Léon. Le malaise est déjà palpable.
Je décide donc de ma rabattre sur les quartiers où les femmes restent à longueur de journée, cantonnées à pratique le tricot et autres macramés.
« Nous les femmes, on a pas de mélange possible avec nos hommes [...] attroupés à longueur de journée à la salle d’exercice tiens !« , selon Josette et Fatima.
Il est vrai que je perçois dans cette génération, que les mentalités restent particulièrement discriminatoires à l’égard de ces roses.
Mais alors que je parle avec ces dames, je perçois des bruits assez lourds et intenses. Après un détour dans le quartier, je me rends compte que les mêmes vieux de tout à l’heure ont probablement saisi l’occasion de la présence médiatique que je devais représenter, pour mettre à sac leur propre salle de gym.
Sur cette image ci-contre que j’ai pu « voler » durant la nuit d’émeutes qui a suivi, on voit très distinctement qu’il y a un leader, et j’apprendrai par la suite qu’il s’agissait du Léon. Léon sera bien entendu rapidement appréhendé par les forces de l’ordre, son teckel sera euthanasié et sa chaise roulante perquisitionnée.
Au beau milieu de ce chaos urbain, les forces de l’ordre interviennent rapidement et avec une violence extrême.
On dénombre à l’heure actuelle, près de 3 morts dans le rang des CRS et 6 autres agents dans un état critique.
Je suis heureusement évacué par un groupe du GIGN et peut actuellement vous rapporter ce peu d’informations.
Je vous tiendrai au courant de l’évolution de ce mouvement de révolte dans ces quartiers pauvres bientôt.
La seule image complémentaire : l’interrogatoire compliqué de Leon dans le bureau du magistrat, maître Rusty.

Votre reporter


