Jean-Michel BASQUIAT


En prenant mon BUS du matin, je passe devant l’entrée des locaux des employés de la SNCF, ici. Et là … en rouge vif, sur le mur, dans une matière louche (type rouge-à -lèvre) écrit en belle lettres d’imprimeries : « FONCTIONNAIRES !« .
Il suffit de se plonger rapidement dans son esprit de « métropolitain du privé » pour comprendre les motivations d’un tel débordement de rage qui ont poussé à un excès de grossièreté innomable. En effet, celà va faire 4-5 jours en gros qu’il y a des grêves dans la gare Saint-Lazare. J’entends d’ici les « rahhh, mais ils nous prennent en otage, nous qui voulons travailler… nous qui tentons de survivre à la sueur de notre front, nous qui voulons sentir le fouet du labeur entre nos omoplates (rayez les mentions inutiles).
Le salarié du privé de base (dont je fais partie), ou homo-manicheis est depuis l’origine des temps en rebellion (et vice-versa) contre le fonctionnaire français, ou homo-machinacafeus. Il se complaît à envoyer des fichiers PowerPoint à longueur de journée à ses collègues de boulot, en fait même profiter à un cousin qui travaille chez le concurrent, qui lui non-plus, ne brisera la « chaîne du Pépété » (et ses petits chats tout mignons). Un autre de ses passe-temps favori est également de raconter avec sagacité des blagues sur les fonctionnaires tantôt fainéants, tantôt fatigués.
Mais il semblerait que la dernière toquade du manicheis soit de s’octroyer le droit, que dis-je, le pouvoir de lancer la pire des insultes à la face de ses problèmes de transports en commun : « FONCTIONNAIRES !« .
Nous remarquerons chez cet individu (attention, je parle comme le syndicat Alliance) sa capacité à utiliser les mêmes termes de notre vocabulaire pourtant si riche :
Ecoutez-moi compatriotes manicheis ! Le monde du travail n’est pas divisé en deux parties bien distinctes, il existe des entreprises privatisées de moitié, le service minimum est instauré pourtant ? Vos habitez en France et tenez droits en fiers bipèdes habitants de cette foutue planète ?
Quand votre proctologue de l’Assistance Publique et Hôpitaux de Paris vous ausculte avec un peu de rudesse, le traîtez-vous de « FONCTIONNAIRE ! » ? Pour peu que celui-ci soit interne comme beaucoup d’autres à gagner une misérable partie du SMIC en enchaînant les gardes de nuit. Quand vous vous cognez la tête dans l’échelle dépliante de pompiers, criez vous « FONCTIONNAIRE ! » à celui qui vient de vous sauver des flammes ?
En fait, j’en ai juste un peu marre d’entendre toujours les mêmes discours à la con beaucoup plus « trollatifs » (ceux qui me comprennent me comprendront… AHAHAH) que le mien, qui certes ne relève que d’un enfonçage de porte déjà ouverte.
Je me rends juste compte que les plus grandes avancées dans le monde du travail (y compris, et en particulier dans le privé) sont dus à des « FONCTIONNAIRES !« . La pointe de la recherche médicale, ou « pôles d’excellence » ne sont pas dans les cliniques privées, mais bel et biens dans le public (qui exploite ses internes malgré tout). Les écoles publiques et leur corps professoral sont une source de mixité et de réussite (comme quoi les deux vont ensembles).
Aux Etats-Unis, une école de médecine moyenne coà »te dans les 50.000 $/an… en France ?
Au Japon, quand on fait grêve, on se met un brassard autour du bras mais on travaille… vous voyez le tableau ici (et aux Prud-hommes) ?
Parfois, il y a certes des abus… de mauvaises répartitions d’effectifs dans les tribus du service public (je pense), mais de là , retrouver ce genre de sarcasmes sauvages bafouillés sur les murs… ça me fait plus rire qu’autre chose.
Attendez que les médecins hospitaliers fassent grêve… on rigolera bien et vous n’aurez plus personne pour soigner vos extinctions de voix… que l’on constate ce que c’est… UNE GREVE.
FONCTIONNAIRES !
Tu es si mignonne, tu as travaillé en « ambassadrice de l’UNICEF » pour de mignons enfants
Depuis peu, tu t’affiches dans ma rue avec peu de sous-vêtements
En strings et soutiens-gorge fabriqués par ces mêmes petits enfants pour peu de sous bêtement
Dédicace à toi ! (pour ceux qui la reconnaîtront, sinon… demandez-moi)
Quelle éclate !
Hier soir, à 20h15, les programmes de la télévision RTBF s’interrompent brutalement; on annonce que la Flandre proclame son indépendance, que le Roi a quitté le pays et que la Belgique « n’existe plus ».
Selon des études lancées par cette même chaîne, 89% des téléspactateurs ont pris au sérieux le message et 6% toujours après une demi-heure d’émission oà ¹ il était clairement affiché à l’écran que tout n’était qu’une fiction.
Les membres du gouvernement ont jugé la blague de mauvais goût, des excuses ont été formulées par des représentants de la chaîne suite à cette longue émission, qui est allé même jusqu’à recréer artificiellement les flashs infos traditionnels.
Personnellement, je me suis réellement marré en entendant tout ça.
Sources : Radio Nova puis Libé.
…que j’aimais ma ville ? Non ?
Je ne suis pas de Paris malgré les généralités que les provinciaux font des gens des gens d’Ile-de-France. Mieux même, je suis de banlieue, en ce moment c’est à la mode; « gnagnagna les gens de banlieue », « les jeunes de banlieue », « la mentalité des banlieues », « le langage de banlieues ». Comme si c’était un monde à part. Soit, je n’en pense pas moins des gens du Vercors par exemple, et rien de péjoratif à tout cela. Au contraire.
Le médias et les artistes vendent beaucoup grâce et avec ce support géographique; on y voit naître la culture des « bobos » et une sorte de folklore (dont je pense être acteur) autour du 93 en particulier et de Montreuil entre autre. Montreuil c’est pas tout « ghetto » et barres de bêton, c’est pas toute opulence non plus, c’est les deux à la fois et c’est assez intéressant. Artistiquement, culturellement, socialement, j’ose avancer nous sommes parmi les plus riches de France.
Ca fait 25 ans que j’y crêche (Bagnolet pendant 2 années, puis Montreuil depuis vingt-trois autres). Les classes que j’ai fréquenté ont toujours été fortement mixtes socialement et culturellement, donc enrichissantes humainement. Je suis d’une partie de sa population que l’on pourrait situer dans la moyenne haute. A l’instar de certains camarades de classe, je n’ai jamais eu faim en partant à l’école certains matins, mais j’ai pu régulièrement le ressentir donc appris à respecter les difficultés des autres et leurs raisons parfois. Toute une mentalité se développe dans ce cas, on se met dans le même lot que ceux qui traversent ces difficultés. On se crée une sorte de bouclier contre les intolérants qui se montent des scénars hollywoodiens sur le pourquoi-du-comment de la misère de certains (« il profitent des allocs et tout ça… » et tout le tralalère, qu’importe l’absurdité des propos, les gamins souffrent au final) et on se crée donc ce bouclier de fierté sur son quartier, sur sa ville. Et je l’ai. Parce que j’en ai carrément plus que raz la casquette que l’on rabaisse au niveau de sous-merde et sans distinction les banlieues du 93, donc ceux qui y habitent.
Lorsque ma copine a emménagé dans le quartier, elle a rapidement pris connaissance de certaines coutà »mes et usages locaux. Issue pour sa part des quartiers extrêmement riches de Paris (ne l’étant pas pour autant, dommage), elle a rapidement compris que ce n’est pas demain la veille que les trottoirs seront nettoyés à la même fréquence que sur Paris, que les poubelles ne se sortent que deux fois par semaine, que les boutiques ne sont pas super fournies et assez mal disséminées (par contre, NOUS avons les « hyper », style « Rosny 2″, la « Grande Porte »). L’accès à de nombreux « services » était également difficiles.
Montreuil, c’est « La Noue », la cité de « L’Espoir », les barres du « Morillon », des « Grands pêchers », la cité du « Bel Air », de « Jean Moulin » et bien d’autres, et c’est aussi des « Murs à pêche », classés au patrimoine mondial de l’UNESCO, avec bientôt ses studios « Pathé » plus que centennaires et riches en activités culturelles peu onéreuses à l’abonnement, c’est « Les Puce », les parcs des « Guilands » (on chevauche Bagnolet), « Montreau » et des « Beaumonts » (45 hectares au total), c’est la « Maison Populaire » (indispensable) et bien d’autres réjouissances. Mais c’est aussi ses quartiers pavillonnaires et de Lofts, remplis d’intellos qui vont squatter « Folies d’Encre » (que je conseille aussi !) et d’artistes en tout genre (et surtout des bons).
Donc Montreuil, c’est loins d’être la zone, certains (dont Zurban) l’ont qualifié de 21ème arrondissement de Paris. Je ne suis pas nécessairement flatté par la comparaison, certes nous ressemblons à certains endroit au 11/12/13/18/19/20èmes arrondissements de Paris, mais nous sommes à des millénaires-lumière du Paris que l’on visite avec les Bus « Open Tour » (ces Bus devraient vraiment passer par les « Buttes Chaumont » et descendre la rue des Pyrénnées pourtant).
Jamais je ne voudrais vivre et cohabiter à l’avenir dans les mornes quartiers de Paris du centre à l’Ouest oà ¹ à l’école les gens sont d’une homogénéà ¯té répugnante (pour en avoir fait les frais), sauf exceptions (dont une avec qui je partage ma vie depuis 6 ans dans 20 jours).
Si tu me lis un de ces jours Patrick, sache que OUI, ton fils est une victime du folklore, tout comme les basques et les bretons (et autres pour ne pas les facher), car je suis fier de mon terroir, de ma culture de mes amis, et ce, sans démagogie.
MONTREUIL, JE T’AIME ! VEUX-TU M’EPOUSER ?
(merci aussi à Vince… tu m’as vraiment donné envie de le créer ce « second Office du Tourisme de Montreuil » l’autre soir)